En clair : je prends un sujet sérieux et je le dis crûment. La satire vise la situation et le discours, jamais les personnes. La version sourcée est juste ici.
Le 28 avril 2026, le Sénat a publié 200 pages sur l'IA dans l'entreprise. Deux chiffres s'y font face. 86 % des salariés utilisent un outil d'IA chaque semaine, selon une étude que cite le rapport. 7 % des entreprises de plus de 10 salariés ont choisi une solution conçue pour elles, selon la Cour des comptes. Traduisons.
Ce qu'on annonce : « L'IA, nous allons y venir. Nous attendons d'avoir une vision. »
Ce que ça veut dire : les salariés, eux, n'ont pas attendu. Ils ont ouvert un compte gratuit. La vision est venue avec.
Le diagnostic à la mode : « Nos équipes ne sont pas prêtes. »
Ce que c'est souvent : les équipes sont prêtes depuis longtemps. 49 % utilisent des outils que leur employeur n'a pas approuvés. Personne ne leur a demandé leur avis. Elles n'ont demandé l'avis de personne. Égalité.
Le détail qui fâche : 1 salarié sur 3 a déjà mis des données de l'entreprise dans un outil non autorisé. Le tableau des prix de l'an prochain n'a jamais été aussi bien mis en forme. Il n'a jamais été aussi loin, non plus.
Le remède prescrit : une note interne qui interdit tout.
Ce que ça produit : le même usage, sans la trace. C'est l'interdiction de courir dans les couloirs du collège. Personne ne court plus devant le surveillant.
Le passage que personne ne cite : le Sénat recommande d'inscrire l'IA dans les négociations annuelles obligatoires. Les représentants du personnel ont lu le rapport. La direction attend toujours d'avoir une vision.
Le retard n'est pas un retard d'usage. C'est un retard de décision. Mesurer l'usage sans sanction, ouvrir une voie officielle aussi commode qu'un compte gratuit, préparer la réponse avant la négociation : rien de technique. Juste quelqu'un qui décide, de préférence avant qu'on le lui demande.