Le donneur d'ordres · Épisode 2 · Tribune

Je n'ai plus d'agence de contenu.

Couverture IARH Consulting : un mur de planification éditoriale lumineux, personne dans la salle de rédaction.
Visuel IARH Consulting : la rédaction tourne, la ligne reste. Illustration générée par intelligence artificielle.

« Le donneur d'ordres », épisode 2. Une série où je raconte, domaine par domaine, ce que je délègue à l'intelligence artificielle dans mes propres entreprises, ce que cela coûte réellement, et ce que je ne déléguerai pas. L'IA exécute. Le donneur d'ordres décide. L'épisode précédent : « Je n'ai plus de webmaster ».

Je n'ai plus d'agence de contenu. Pour être honnête, je n'en ai jamais eu : le marketing d'un indépendant, c'est le temps qui reste entre deux missions. C'est-à-dire, le plus souvent, rien.

Depuis quelques semaines, mon marketing tourne chaque semaine, produit par une intelligence artificielle que j'ai baptisée Isaure. L'épisode que vous avez peut-être lu avant celui-ci est passé par sa chaîne : rédigé, mis en page, déployé, indexé.

Ce qu'elle fait vraiment

Chaque lundi à 7 heures, elle fait sa veille sur mes cinq thèmes éditoriaux, en écartant ce qui est déjà couvert. Elle me propose trois à cinq idées, chacune adossée à des sources que je peux vérifier. Une heure plus tard, je reçois le point hebdomadaire, et j'arbitre depuis ma messagerie : retenu, écarté, à mûrir.

Sur un angle validé, elle produit : l'article, ses déclinaisons pour les réseaux, les visuels à la charte. Tout se dépose dans un tableau de bord où je relis. Un courriel me tend deux boutons, valider ou écarter. À la validation, la publication part au créneau prévu. Ce qui reste manuel, la publication sur mon profil LinkedIn, fait l'objet de rappels polis et obstinés tant que je n'ai pas coché « fait ».

Pas sans accrocs. Soyons honnêtes.

Le récit à la mode s'arrête ici, sur la mécanique bien huilée. Le mien continue. Un soir de juillet, j'ai voulu rattraper d'un coup le retard d'Instagram : douze carrousels publiés en 7 minutes. Les défenses de Meta ont pris cette rafale pour ce qu'elle était, et ont bloqué la publication automatique pendant plusieurs jours. Nous avons terminé le rattrapage à la main, et la chaîne est désormais plafonnée à trois publications par jour.

Autre leçon devenue règle : les sources primaires. Une échéance réglementaire, reprise d'un blog, s'est révélée introuvable dans les textes officiels. L'idée a été écartée avant d'être écrite. Une IA qui produit vite produit aussi des erreurs vite ; ce qui fait la différence, ce n'est pas le talent de l'outil, c'est la règle de sourçage qu'on lui impose.

Illustration IARH Consulting pour l'article : Je n'ai plus d'agence de contenu.
Illustration générée par intelligence artificielle.

Ce que je garde

La ligne éditoriale. L'arbitrage du lundi. La validation de chaque contenu avant sa mise en ligne. Les règles de marque, jusqu'à la ponctuation. Et la signature : ce qui paraît sous mon nom a été relu par moi.

Rien ne se publie sans validation. C'était ma condition de départ ; c'est devenu l'architecture même du système. La machine propose et produit. L'homme tranche et signe.

À l'échelle d'une entreprise

Transposez. Le sujet n'est pas de produire plus de contenu : n'importe quel outil le permet désormais, et vos concurrents y ont accès comme vous. Le sujet est le circuit de décision : qui définit la ligne, qui valide, qui répond de ce qui est publié, au sens plein du terme, celui de la réputation comme celui du droit. Une direction qui déploie l'IA dans son marketing sans avoir tranché ces trois questions n'accélère pas sa communication. Elle accélère ses risques.

Oui, l'IA a remplacé mon agence de contenu. Elle n'a pas remplacé le donneur d'ordres. Il signe chaque parution.

Les compteurs

Le relevé honnête de l'épisode, chiffres réels :

  • Une veille par semaine, le lundi à 7 heures : trois à cinq idées proposées, sources vérifiables exigées.
  • Produits par la chaîne en une semaine : deux analyses, leurs deux versions satiriques, et l'épisode précédent de cette série.
  • Dix-sept carrousels publiés sur Instagram. Incident notable : douze en 7 minutes, pénalité de Meta pendant plusieurs jours. Cadence depuis plafonnée à trois par jour.
  • Une échéance non sourcée écartée avant rédaction.
  • Publications parties sans validation humaine : zéro.
  • Coût : des abonnements mensuels en offre grand public.
  • Outils utilisés ce trimestre : Claude (Anthropic), orchestré avec Make et Airtable. Des choix révisables, pas des allégeances.

Épisode précédent : « Je n'ai plus de webmaster. »

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