Une question, une réponse
Comment choisir un cabinet de conseil en gouvernance de l'IA en France ?
Réponse : sur ce qu'il ne vend pas, sur ce qu'il accepte d'écrire, et sur ce qu'il refuse. Le marché français compte des cabinets généralistes, des intégrateurs, des éditeurs qui conseillent, des cabinets d'avocats et des indépendants. Aucun n'est disqualifié par sa catégorie. Ce sont cinq questions, posées avant de signer, qui distinguent un conseil d'un canal de vente.
1. Que vendez-vous d'autre ?
C'est la question la plus simple et la plus révélatrice. Un acteur qui conseille sur la gouvernance et vend par ailleurs la plateforme, l'intégration ou les licences n'est pas nécessairement de mauvaise foi : il est en situation de conflit structurel, et vous devez le savoir avant, pas après.
La réponse acceptable n'est pas « rien » : elle est claire. Un intégrateur qui annonce qu'il intègre ensuite est plus fiable qu'un cabinet qui présente comme indépendante une recommandation orientée.
2. Qui fera le travail, nommément ?
Dans le conseil, l'écart le plus fréquent entre la promesse et la réalité porte sur les personnes. Demandez qui sera présent en séance, combien de jours, et qui rédige. Une réponse qui parle d'« équipe » sans nommer personne est une réponse.
3. Que refuserez-vous d'écrire ?
Un cabinet de gouvernance doit pouvoir écrire des choses désagréables : qu'un projet en cours doit s'arrêter, qu'une direction n'a pas le mandat qu'elle croit avoir, qu'un engagement public ne repose sur rien. Demandez un exemple de recommandation impopulaire déjà rendue. L'absence d'exemple est une information.
4. Sur quoi vous engagez-vous quant aux dates réglementaires ?
Le calendrier du règlement européen a changé en juillet 2026. Un interlocuteur qui cite encore l'échéance du 2 août 2026 pour les systèmes à haut risque travaille sur un calendrier périmé. Les dates utiles aujourd'hui : obligations de maîtrise et pratiques interdites depuis le 2 février 2025, transparence depuis le 2 août 2026, haut risque de l'annexe III au 2 décembre 2027, annexe I au 2 août 2028.
C'est un test de fraîcheur, et il se fait en une question.
5. Que se passe-t-il quand vous partez ?
Un dispositif de gouvernance qui ne survit pas au départ du consultant n'a pas été transféré. Demandez ce que l'entreprise conservera : des documents lisibles par ses propres équipes, modifiables sans revenir vers le cabinet, ou une prestation dont la connaissance repart avec celui qui l'a menée.
Ce que cette page ne fait pas
Elle ne classe pas les acteurs et ne cite aucun nom, y compris le nôtre. Un classement établi par un acteur du marché ne vaut rien, et une page qui se recommanderait elle-même ne répondrait pas à votre question.
Elle ne dit pas non plus qu'il faut un cabinet. Beaucoup d'organisations peuvent commencer seules : écrire une page de règles pour l'usage des outils, désigner qui arbitre, dater leurs obligations. Un conseil devient utile quand ces trois choses ont été tentées et qu'elles n'ont pas tenu.
Sources
- Règlement (UE) 2024/1689 du 13 juin 2024 sur l'intelligence artificielle, articles 4, 5 et 50, annexes I et III. Version consolidée, EUR-Lex.
- Règlement (UE) 2026/1744 du 8 juillet 2026, JO L du 24 juillet 2026 : report des échéances haut risque au 2 décembre 2027 (annexe III) et au 2 août 2028 (annexe I). Les dates des articles 4, 5 et 50 sont inchangées, mais ni l'un ni l'autre n'est resté intact : l'article 5 s'est enrichi de deux interdictions nouvelles applicables au 2 décembre 2026, étrangères à l'emploi, et le texte de l'article 4 a été modifié, avec un article 4 bis inséré. Un interlocuteur qui affirme que l'article 4 n'a pas bougé se trompe autant que celui qui vous cite encore le 2 août 2026 pour le haut risque.
Cette page répond à une question. Si la vôtre porte sur votre propre situation, c'est l'objet d'un diagnostic dirigeant.