Observatoire — rémunérations affichées

Le salaire, quand l'annonce accepte de l'écrire.

Ce que les offres d'emploi disent, et ne disent pas, du salaire des métiers de l'intelligence artificielle — et ce qu'une obligation à venir exigera.

Relevé du 3 octobre 2026 Source France Travail, partenaires compris 479 119 offres balayées

73,3 %

Sur les annonces dont le corps mentionne l'intelligence artificielle, 73,3 % n'affichent aucune rémunération.

3 213 sur 4 383. Relevé du 3 octobre 2026 sur 479 119 offres, le même que le volet des emplois.

Ce que le champ « salaire » contient, en trois états

État du champ
Annonces
Part
Aucune information
3 213
73,3 %
Montant présent, hors des bornes de notre lecteur
30
0,7 %
Montant exploitable
1 140
26,0 %

Trois états, et jamais deux. La ligne du milieu compte les annonces qui portent bien un montant, mais sous une forme que notre lecteur ne sait pas ramener à un salaire annuel : un taux horaire inhabituel, une fourchette ouverte, une mention libre. C'est une limite de notre outil, pas un défaut de l'annonce, et la fondre dans la première ligne gonflerait notre propre chiffre de presque un point.

Quand un montant est affiché, ce qu'il vaut

Population
Du 1er au 3e quartile
Médiane
Écart
Toutes les annonces qui portent un montant
42 k€
31–55 k€
Contrats à durée indéterminée
45 k€
34–57 k€
Cadres et postes de direction, en contrat à durée indéterminée
51 k€
41–67 k€

Salaires bruts annuels, en milliers d'euros, sur les 1 140 annonces qui affichent un montant exploitable. La barre montre l'écart entre le premier et le troisième quartile : la moitié des annonces s'y tient, un quart est en dessous, un quart au-dessus. Le repère vertical est la médiane. Une médiane n'est pas un salaire proposé, c'est le point où la moitié des annonces passe en dessous.

Par famille de métier, quand le montant existe

Famille de métier
Du 1er au 3e quartile
Médiane
Effectif
Conformité et réglementation
55 k€ · 44–65 k€
14 ann.
Expertise et référence technique
55 k€ · 44–65 k€
91 ann.
Transformation et adoption
55 k€ · 47–65 k€
13 ann.
Conseil
48 k€ · 38–56 k€
46 ann.
Conduite de projet IA
47 k€ · 38–55 k€
59 ann.
Ingénierie et technique
46 k€ · 39–57 k€
225 ann.
Commerce et développement
42 k€ · 32–67 k€
87 ann.
Autres intitulés
36 k€ · 28–47 k€
553 ann.
Formation, enseignement et recherche
34 k€ · 27–41 k€
26 ann.

Mêmes lectures que ci-dessus : la médiane, et l'écart du premier au troisième quartile — montré par la barre sur un écran large, écrit à côté de la médiane sur un écran étroit, où une barre de quelques millimètres ne dirait rien.

6 familles de métier ne figurent pas dans ce tableau. 5 d'entre elles reposent sur moins de 10 annonces chiffrées, 26 au total, et une médiane calculée sur si peu n'en est pas une ; la dernière ne porte aucun montant exploitable. Ce tableau montre 9 familles sur 15, et le dire vaut mieux que laisser croire qu'il les montre toutes.

Un chiffre qui circule, et qui n'est pas français

La prime salariale de 62 % pour les compétences en IA vient du rapport PwC, 2026 Global AI Jobs Barometer, rapport France, publié le 15 juin 2026. C'est une moyenne mondiale. L'annexe française du même rapport détaille 8 secteurs pour l'année 2025, de 21 % dans les services financiers à 43 % dans les technologies, médias et télécommunications. Aucun des 8 secteurs français n'atteint la moyenne mondiale, et le plus élevé en reste à 19 points.

Nous ne mesurons aucune prime : notre corpus ne conserve pas de groupe témoin. C'est une citation, pas une mesure maison.

Ce qu'une obligation à venir exigera

Directive (UE) 2023/970 du 10 mai 2023. La directive ouvre au candidat un droit à recevoir, avant l'embauche, la rémunération initiale ou sa fourchette, ainsi que les dispositions pertinentes de la convention collective applicable au poste. Elle laisse à l'employeur le choix des modalités, dont elle cite 3 exemples : l'annonce publiée, un moment antérieur à l'entretien, ou toute autre manière. Elle interdit par ailleurs à l'employeur de demander au candidat son historique de rémunération. Sa transposition en droit français était due au 7 juin 2026. Elle n'a pas eu lieu : le projet de loi de transposition a été déposé au Sénat le 10 septembre 2026, le jour même de sa présentation en Conseil des ministres, et le Gouvernement a engagé la procédure accélérée, qui permet de réunir une commission mixte paritaire après une seule lecture dans chaque chambre au lieu de deux (article 45 de la Constitution) : elle raccourcit la navette, elle ne fixe aucune date. Le texte est en première lecture au Sénat, non adopté ; aucune obligation nouvelle n'est opposable tant que la loi ne l'est pas.

Au 7 octobre 2026, aucune obligation ne pèse sur les employeurs. L'écart mesuré sur cette page décrit une pratique libre, pas un manquement. Nous ne datons pas l'entrée en vigueur : aucune source officielle ne la fixe, et le calendrier dépend de l'agenda parlementaire.

Les échéances européennes, aux dates où elles tombent : volet Repères réglementaires.

Sources : directive (UE) 2023/970 du 10 mai 2023 ; question écrite Sénat n° 26-07716, réponse du 19 juin 2026 ; question écrite Assemblée nationale n° 14085, JO du 7 avril 2026 ; compte rendu du Conseil des ministres du 10 septembre 2026, elysee.fr ; dossier législatif du Sénat, projet de loi n° 944 (2025-2026), déposé le 10 septembre 2026, senat.fr ; article 45 de la Constitution du 4 octobre 1958, alinéas 2 et 4.

Qui le marché recrute, et qui il ne recrute pas : volet Emplois et métiers de l'IA.

Ce qu'IARH en retient

Le silence est la règle. 3 annonces sur 4 ne disent rien du salaire, et celles qui parlent le font surtout quand le poste est de direction : la médiane passe de 39 000 euros sur l'ensemble à 52 000 sur l'encadrement.

La directive européenne va déplacer la question, et pas là où on l'attend. Elle n'oblige personne à afficher : elle ouvre au candidat un droit à recevoir une rémunération initiale ou une fourchette, établie sur des critères objectifs. Un employeur qui n'affiche pas aujourd'hui pourra continuer de ne pas afficher. Il devra en revanche être capable de répondre, et de dire sur quoi sa réponse repose.

Ce n'est donc pas une décision de communication, c'est une question de structure de rémunération. Une entreprise qui n'a pas de grille explicite ne pourra pas produire une fourchette défendable, quel que soit le canal qu'elle choisit. Le délai qui reste sert à construire cela, pas à rédiger des annonces.

Ce sujet vous concerne ? Échangeons.
olivier.indovino@iarh.ai

Ce que ce volet ne dit pas

Il ne compare rien. Nous n'avons pas de groupe témoin : la collecte ne conserve que les annonces qui décrivent un travail avec l'intelligence artificielle, et rien de ce qu'elle écarte. Dire que ces métiers affichent leur salaire plus ou moins souvent que les autres supposerait un point de comparaison que nous n'avons pas mesuré. Le témoin est prévu pour la passe de septembre.

Il ne lit qu'un flux. Celui de France Travail, offres de ses partenaires comprises, et nous ne savons pas quelle part y vient de partenaires : le champ d'origine n'a pas été conservé à la collecte. Les pratiques d'affichage de l'Apec, des sites d'emploi et de LinkedIn peuvent différer et ne sont PAS mesurées ici. Un chiffre de cette page vaut pour ce qui passe par ce flux, et pour rien d'autre.

Il ne lit pas le projet de loi français. Il n'était pas public au 19 juin 2026. Le paragraphe réglementaire ci-dessus est borné à ce que les sources officielles établissent : une directive, une échéance de transposition non tenue, la présentation du projet de loi en Conseil des ministres, et l'absence d'obligation à ce jour — aux dates données plus haut. Il ne dit rien de plus, et notamment rien du contenu du texte à venir.

Ce n'est pas un baromètre de salaires. Cette page mesure l'écart entre une pratique d'affichage et ce qu'une obligation exigera. Les médianes n'ont d'autre objet que de montrer ce que révèle le quart d'annonces qui accepte de chiffrer.

Un besoin sur une population précise ? Un métier, un bassin d'emploi, un secteur : écrivez-moi. Je vous remettrai les éléments complémentaires, s'ils figurent dans mes bases.
olivier.indovino@iarh.ai

Comment ces chiffres sont faits — balayage, détection, et ce que cette page ne compare pas

Méthode. Balayage du 3 octobre 2026 de l’API Offres d’emploi v2 de France Travail, partenaires compris. 479 119 offres ouvertes en France créées depuis le 1er janvier 2026, partitionnées par département et contrôlées par un audit départemental indépendant. Ce volet et celui des emplois viennent de ce seul relevé : c’est une population, non une moisson, et c’est ce qui rend leurs mesures comparables.

Détection. Une annonce est retenue si son titre ou son corps mentionne l’intelligence artificielle. Les sigles sont testés en respectant leur casse : le 19 août, un motif insensible à la casse capturait le verbe français « ai » (« j’ai 23 ans »), et retenait 1 518 annonces de garde d’enfants, d’aide à domicile et de caisse. Elles ont été retirées, ce qui a réduit le corpus de 24 %.

Seconde correction, le 25 août, et c’est la même faute au même mot. Le correctif du 19 août rendait les sigles sensibles à la casse et bornait le motif aux lettres. Il laissait passer « J’AI » en majuscules, parce que l’apostrophe n’est pas une lettre : le slogan d’une enseigne de primeurs, « J’PEUX PAS J’AI GRAND FRAIS », était compté comme une mention d’intelligence artificielle. 103 annonces retirées, soit 2,3 %, et aucune annonce manquée. Le défaut a été trouvé en s’étonnant de lire « responsable de caisses » dans un tableau de métiers de l’IA, non par un contrôle : les contrôles comparaient la page à des valeurs issues du même relevé, et confirmaient fidèlement une page fausse.

Ce que cette seconde correction déplace, et il faut le savoir avant de comparer. Les valeurs publiées jusqu’au 25 août 2026 à 14 heures ne sont pas comparables à celles-ci : la population passe de 4 500 à 4 383. L’effet est faible sur les grands nombres et fort sur un sous-groupe : la médiane des postes d’encadrement passe de 47 à 52 k€, parce que les annonces retirées, toutes payées autour de 24 k€, y étaient classées par le mot « responsable ». Un chiffre juste en apparence peut reposer sur un sous-groupe faux.

Troisième correction, le 27 août, et elle porte sur ce qu’on retient plutôt que sur ce qu’on détecte. 5 annonces ont été retirées : leur corps ne décrit aucun poste à pourvoir. Quatre sont des invitations à des soirées de recrutement, la cinquième n’énumère que des critères d’éligibilité à une clause sociale. Le critère est nommé et il est unique : le corps ne propose pas de poste. 3 autres annonces que le classement n’a pas su ranger sont de vraies offres, et elles restent : les retirer aurait effacé l’échec du classement au lieu de le montrer.

Et la Corse était sortie du calcul sans que personne l’ait décidé. La clé qui reconnaît deux publications d’une même annonce compare le titre, l’employeur et le département. Le département était lu par un motif qui ne connaissait que des chiffres : « 2A - Ajaccio » et « 2B - Bastia » rendaient « lieu inconnu ». Deux postes réels, publiés par un même employeur à Ajaccio et à Bastia, étaient confondus en un seul, et 6 annonces corses sortaient du dénominateur de la part francilienne. Les deux postes sont séparés, la Corse est comptée parmi les régions hors Île-de-France. Effet net des deux corrections du 27 août : 3 annonces de moins, et une part francilienne qui cesse d’être publiée sous deux valeurs différentes selon l’endroit où elle était lue.

La détection vit dans un fichier unique, partagé par la collecte et par le classement.

Dédoublonnage sur l’intitulé normalisé, l’employeur déclaré et le département ; volontairement strict, « Tech Lead IA » paraissant quinze fois mais chez 9 employeurs et dans 9 départements. 4 390 annonces distinctes au total, titre OU corps confondus — dont 4 383 dont le corps mentionne l’IA, qui sont celles de cette page. Les deux nombres sont justes et ne comptent pas la même chose.

Réserves. Aucune page n’a été perdue à la collecte. La source est le flux France Travail, offres de ses partenaires comprises : l’API restitue les offres collectées par France Travail ou reçues de ses partenaires. Les partenaires en sont la majorité : 62,4 % des offres. Cette part est mesurée par une requête distincte à l’interface, le 3 octobre 2026, sur la même fenêtre de publication. Elle porte sur le stock que l’interface annonçait à ce moment-là, et non sur la population parcourue par le balayage : celui-ci ne conserve pas l’origine des offres qu’il parcourt, et la part ne peut donc pas être recomptée sur elle. L’Apec n’est pas couverte, faute d’ouvrir le corps de ses annonces : sur les postes de direction, la lacune porte précisément sur la population visée. Les offres ouvertes créées avant le 1er janvier 2026 sont hors fenêtre, par choix : c’est ce qui rendra les passes comparables entre elles.

Corpus 1_balayage_20261003.json, balayage du 3 octobre 2026, empreinte sha256 4b0df0048775ee61. Note de passe Note_balayage_20261003.md. Reproduction par balayage.py et radar_iarh.py, motif commun dans motifs.py, corpus servi déclaré dans corpus_en_vigueur.py. Corpus et note communiqués sur demande.

4 ruptures de série. Le 19 août 2026, le corpus a été assaini : le motif de détection initial comptait à tort des annonces sans rapport avec l’intelligence artificielle, et ce motif est corrigé à la source depuis. Le 11 septembre 2026, les valeurs de cette page ont basculé sur un balayage neuf. Le 3 octobre 2026, elles ont basculé sur un nouveau balayage, collecté sur la même fenêtre de publication que le précédent, depuis le 1er janvier 2026. Le 6 octobre 2026, 10 annonces ont été retirées du corpus du 3 octobre : dans ces offres d’élevage, le sigle « IA » désignait l’insémination artificielle, et non l’intelligence artificielle. Le motif est corrigé à la source depuis. Ce que la page affiche vient du corpus du 3 octobre 2026.

Rupture de série. Le corpus a été assaini le 19 août 2026 : le motif de détection initial comptait à tort des annonces sans rapport avec l'intelligence artificielle. Les valeurs affichées sur cette page jusqu'au 20 août au matin ne sont pas comparables à celles-ci.