Observatoire — rémunérations affichées
Le salaire, quand l'annonce accepte de l'écrire.
Ce que les offres d'emploi disent, et ne disent pas, du salaire des métiers de l'intelligence artificielle — et ce qu'une obligation à venir exigera.
73,3 %
Sur les annonces dont le corps mentionne l'intelligence artificielle, 73,3 % n'affichent aucune rémunération.
3 213 sur 4 383. Relevé du 3 octobre 2026 sur 479 119 offres, le même que le volet des emplois.
Ce que le champ « salaire » contient, en trois états
Trois états, et jamais deux. La ligne du milieu compte les annonces qui portent bien un montant, mais sous une forme que notre lecteur ne sait pas ramener à un salaire annuel : un taux horaire inhabituel, une fourchette ouverte, une mention libre. C'est une limite de notre outil, pas un défaut de l'annonce, et la fondre dans la première ligne gonflerait notre propre chiffre de presque un point.
Quand un montant est affiché, ce qu'il vaut
Salaires bruts annuels, en milliers d'euros, sur les 1 140 annonces qui affichent un montant exploitable. La barre montre l'écart entre le premier et le troisième quartile : la moitié des annonces s'y tient, un quart est en dessous, un quart au-dessus. Le repère vertical est la médiane. Une médiane n'est pas un salaire proposé, c'est le point où la moitié des annonces passe en dessous.
Par famille de métier, quand le montant existe
Mêmes lectures que ci-dessus : la médiane, et l'écart du premier au troisième quartile — montré par la barre sur un écran large, écrit à côté de la médiane sur un écran étroit, où une barre de quelques millimètres ne dirait rien.
6 familles de métier ne figurent pas dans ce tableau. 5 d'entre elles reposent sur moins de 10 annonces chiffrées, 26 au total, et une médiane calculée sur si peu n'en est pas une ; la dernière ne porte aucun montant exploitable. Ce tableau montre 9 familles sur 15, et le dire vaut mieux que laisser croire qu'il les montre toutes.
Un chiffre qui circule, et qui n'est pas français
La prime salariale de 62 % pour les compétences en IA vient du rapport PwC, 2026 Global AI Jobs Barometer, rapport France, publié le 15 juin 2026. C'est une moyenne mondiale. L'annexe française du même rapport détaille 8 secteurs pour l'année 2025, de 21 % dans les services financiers à 43 % dans les technologies, médias et télécommunications. Aucun des 8 secteurs français n'atteint la moyenne mondiale, et le plus élevé en reste à 19 points.
Nous ne mesurons aucune prime : notre corpus ne conserve pas de groupe témoin. C'est une citation, pas une mesure maison.
Ce qu'une obligation à venir exigera
Directive (UE) 2023/970 du 10 mai 2023. La directive ouvre au candidat un droit à recevoir, avant l'embauche, la rémunération initiale ou sa fourchette, ainsi que les dispositions pertinentes de la convention collective applicable au poste. Elle laisse à l'employeur le choix des modalités, dont elle cite 3 exemples : l'annonce publiée, un moment antérieur à l'entretien, ou toute autre manière. Elle interdit par ailleurs à l'employeur de demander au candidat son historique de rémunération. Sa transposition en droit français était due au 7 juin 2026. Elle n'a pas eu lieu : le projet de loi de transposition a été déposé au Sénat le 10 septembre 2026, le jour même de sa présentation en Conseil des ministres, et le Gouvernement a engagé la procédure accélérée, qui permet de réunir une commission mixte paritaire après une seule lecture dans chaque chambre au lieu de deux (article 45 de la Constitution) : elle raccourcit la navette, elle ne fixe aucune date. Le texte est en première lecture au Sénat, non adopté ; aucune obligation nouvelle n'est opposable tant que la loi ne l'est pas.
Au 7 octobre 2026, aucune obligation ne pèse sur les employeurs. L'écart mesuré sur cette page décrit une pratique libre, pas un manquement. Nous ne datons pas l'entrée en vigueur : aucune source officielle ne la fixe, et le calendrier dépend de l'agenda parlementaire.
Les échéances européennes, aux dates où elles tombent : volet Repères réglementaires.
Sources : directive (UE) 2023/970 du 10 mai 2023 ; question écrite Sénat n° 26-07716, réponse du 19 juin 2026 ; question écrite Assemblée nationale n° 14085, JO du 7 avril 2026 ; compte rendu du Conseil des ministres du 10 septembre 2026, elysee.fr ; dossier législatif du Sénat, projet de loi n° 944 (2025-2026), déposé le 10 septembre 2026, senat.fr ; article 45 de la Constitution du 4 octobre 1958, alinéas 2 et 4.
Qui le marché recrute, et qui il ne recrute pas : volet Emplois et métiers de l'IA.
Ce qu'IARH en retient
Le silence est la règle. 3 annonces sur 4 ne disent rien du salaire, et celles qui parlent le font surtout quand le poste est de direction : la médiane passe de 39 000 euros sur l'ensemble à 52 000 sur l'encadrement.
La directive européenne va déplacer la question, et pas là où on l'attend. Elle n'oblige personne à afficher : elle ouvre au candidat un droit à recevoir une rémunération initiale ou une fourchette, établie sur des critères objectifs. Un employeur qui n'affiche pas aujourd'hui pourra continuer de ne pas afficher. Il devra en revanche être capable de répondre, et de dire sur quoi sa réponse repose.
Ce n'est donc pas une décision de communication, c'est une question de structure de rémunération. Une entreprise qui n'a pas de grille explicite ne pourra pas produire une fourchette défendable, quel que soit le canal qu'elle choisit. Le délai qui reste sert à construire cela, pas à rédiger des annonces.
Ce sujet vous concerne ? Échangeons.
olivier.indovino@iarh.ai
Ce que ce volet ne dit pas
Il ne compare rien. Nous n'avons pas de groupe témoin : la collecte ne conserve que les annonces qui décrivent un travail avec l'intelligence artificielle, et rien de ce qu'elle écarte. Dire que ces métiers affichent leur salaire plus ou moins souvent que les autres supposerait un point de comparaison que nous n'avons pas mesuré. Le témoin est prévu pour la passe de septembre.
Il ne lit qu'un flux. Celui de France Travail, offres de ses partenaires comprises, et nous ne savons pas quelle part y vient de partenaires : le champ d'origine n'a pas été conservé à la collecte. Les pratiques d'affichage de l'Apec, des sites d'emploi et de LinkedIn peuvent différer et ne sont PAS mesurées ici. Un chiffre de cette page vaut pour ce qui passe par ce flux, et pour rien d'autre.
Il ne lit pas le projet de loi français. Il n'était pas public au 19 juin 2026. Le paragraphe réglementaire ci-dessus est borné à ce que les sources officielles établissent : une directive, une échéance de transposition non tenue, la présentation du projet de loi en Conseil des ministres, et l'absence d'obligation à ce jour — aux dates données plus haut. Il ne dit rien de plus, et notamment rien du contenu du texte à venir.
Ce n'est pas un baromètre de salaires. Cette page mesure l'écart entre une pratique d'affichage et ce qu'une obligation exigera. Les médianes n'ont d'autre objet que de montrer ce que révèle le quart d'annonces qui accepte de chiffrer.
Un besoin sur une population précise ?
Un métier, un bassin d'emploi, un secteur : écrivez-moi. Je vous
remettrai les éléments complémentaires, s'ils figurent dans mes bases.
olivier.indovino@iarh.ai