En clair · Gouvernance & décision IA

Trois personnes décident de votre IA. Aucune ne le sait.

Dessin En clair IARH Consulting : trois bureaux identiques, le même dossier fermé sur chacun, et personne pour trancher.
Visuel IARH Consulting · En clair : « Le dossier est partout. La décision nulle part. ». Illustration générée par intelligence artificielle.

En clair : je prends un sujet sérieux et je le dis crûment. La satire vise la situation et le discours, jamais les personnes. La version rigoureuse et sourcée est juste ici.

Demandez à votre comité de direction qui décide de l'IA dans l'entreprise. Vous obtiendrez trois réponses, toutes sincères, toutes différentes, et aucune ne désignera la même personne.

C'est normal. Voici comment on en arrive là.

Premier étage : la direction générale

Ce qu'elle croit : qu'elle a lancé une dynamique et qu'elle en suit l'avancement.

Ce qu'elle fait : elle inscrit l'IA à l'ordre du jour, demande une feuille de route, et s'inquiète poliment tous les trimestres de ne pas la voir arriver.

Ce qu'elle ne fait pas : dire qui tranche quand deux directions ne sont pas d'accord. C'est pourtant la seule chose que personne d'autre ne peut faire à sa place.

Deuxième étage : le comité IA

Ce qu'il croit : qu'il gouverne.

Ce qu'il fait : il se réunit toutes les 6 semaines, écoute des présentations, produit un compte rendu, et fixe la date de la séance suivante.

Ce qu'il n'a pas : un mandat, un budget, et le droit de dire non. Un organe qui ne peut pas refuser n'arbitre pas. Il s'informe. C'est utile, cela porte simplement un autre nom.

Troisième étage : celui qui décide vraiment

Qui c'est : la personne qui a choisi l'outil, signé l'abonnement, et formé trois collègues un jeudi après-midi.

Ce qu'elle croit : qu'elle rend service.

Ce qu'elle a fait, en réalité : arrêté le standard de l'entreprise, choisi un fournisseur, défini ce qui sort et ce qui ne sort pas, et engagé la responsabilité de la maison sur des données qu'elle n'a pas qualifiées.

Ce que personne ne lui a dit : qu'elle faisait tout cela. Et ce n'est pas sa faute : elle a comblé un vide, et un vide finit toujours par être comblé par quelqu'un.

Le moment où les trois étages se rencontrent

Il arrive toujours, et il a la même forme. Un incident. Une donnée sortie, un contenu erroné publié, une candidature écartée par un outil que personne n'avait validé.

La direction générale demande qui a autorisé cela. Le comité répond qu'il n'a pas été saisi. Et la personne qui a choisi l'outil découvre, ce jour-là, qu'elle décidait.

Trois étages, trois convictions, un seul dossier vide.

Et pour finir, sérieusement

Une gouvernance ne se reconnaît ni à ses réunions ni à ses intentions. Elle se reconnaît à une phrase que quelqu'un peut prononcer sans hésiter : « c'est moi qui tranche, et voici ce que j'ai refusé le mois dernier. »

Tant que personne ne peut la dire, l'entreprise n'a pas de gouvernance de l'IA. Elle a 3 personnes qui croient chacune que c'est une autre.

L'analyse complète, sourcée et sans ironie

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